Travail de nuit et comportement nutritionnel

Sophie Estran

Abstract :
La désynchronisation du rythme circadien perturbe les hormones de la faim, de la satiété et du sommeil, favorisant grignotage et prises alimentaires désordonnées. Le travail nocturne est également associé à des troubles du sommeil, une moindre vigilance et une augmentation des risques métaboliques, cardiovasculaires et psychiques. Or les soignants, chargés de promouvoir la santé des patients, travaillent parfois dans des conditions qui fragilisent leur propre santé. Cette contradiction interroge la responsabilité des institutions et l’équité entre personnels de jour et de nuit. Les adaptations possibles concernent la lumière, le bruit, les temps de repos, les espaces de repas et l’accès nocturne à une alimentation équilibrée. Une enquête exploratoire menée auprès de soignants en réanimation confirme l’influence du travail de nuit sur leurs comportements alimentaires. Les participants expriment une volonté de mieux faire, mais aussi un sentiment d’injustice devant l’absence de ressources comparables à celles du personnel de jour. L’étude nationale NutriNight doit désormais préciser leurs pratiques avant, pendant et après les gardes afin de construire des actions de prévention adaptées. Préserver la santé des soignants constitue ainsi une exigence éthique, mais aussi une condition de la qualité des soins, de l’attractivité professionnelle et de la pérennité du système de santé.
Keywords : Ethique, Nutrition
Published : 2026-04-03

Citation

Sophie Estran, « Travail de nuit et comportement nutritionnel », Printemps Ethique de Nice, 2026-04-03. URL : https://www.canal-u.tv/chaines/univcotedazur/travail-de-nuit-et-comportement-nutritionnel