Du silence originel à la textualité francophone

Toufik Hadji

Abstract :
International audience
Assia Djebar, Mohammed Dib, and Nabile Farès artistically reconstruct places, histories, and memories of the past in order to reawaken them, each in their own way, through the present moment and in the French language. Through the reuse of sacred, unforgettable, and silent images suspended across time, they transmit these fragments to their readers. In doing so, they seek to reach melodies that accompany writing as a form of resistance, ultimately extracting a sonic element that becomes their voice in suffocating or silenced contexts. Algeria is not merely their birthplace, but the very source of their imagery and literary expression. These three Algerian authors, writing in French, adopt the language of the Other to narrate the silences of the past—and of the present. In contrast to the mute image, French writing becomes a space of liberation, allowing the author to articulate the unsaid and to complete the final pieces of their personal and collective narratives. At times, what cannot be voiced aloud in the native tongue is made possible through writing—writing that crosses sociocultural, ideological, and intimate boundaries through the adopted language, enabling the self to re-emerge in the face of absent spaces and muted realities.
Assia Djebar, Mohammed Dib et Nabile Farès rebâtissent, artistiquement, des lieux, des histoires et des mémoires du passé, afin de les évoquer, à leur manière, au présent et en langue française. Ils les transmettent à leur lecteur en réutilisant l’image sacrée, inoubliable et silencieuse entre plusieurs temps, car ils ont besoin d’aboutir à des mélodies, aux côtés de l’écriture, pour se révolter et pour enfin extraire un élément sonore, qui leur servira de voix dans des situations étouffantes. L’Algérie n’est pas seulement leur pays de naissance, mais aussi la source de leur écriture et de leurs images. Les trois écrivains algériens d’expression française utilisent la langue de l’Autre, afin de raconter le silence d’autrefois, et même du présent. Par rapport à l’image muette, l’écriture en langue française libère l’écrivain des non-dits et lui permet de finaliser les dernières étapes de leur propre puzzle et de leur propre histoire. Parfois, ce que l’écrivain ne peut pas exprimer, à voix haute, en langue maternelle, l’écriture l’autorise à franchir toutes les barrières (socioculturelles, idéologiques et intimes) en utilisant la langue adoptée, pour mieux se retrouver, face à des lieux absents et face à des situations silencieuses.
Published : 2026-02-10
Document Type : Journal articles
Affiliation : Université Côte d'Azur (UniCA)
Source : hal-05490211

Citation

Toufik Hadji, « Du silence originel à la textualité francophone », Loxias-Colloques, 2026-02-10. URL : https://hal.science/hal-05490211