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[hal-05612312] Pourquoi la science ? De Feyerabend à Platon

Why Science ? This issue has been a recurring theme in Feyerabend's thought. Why do we believe that science -and the image it triggers in our minds and our culture-is somehow unescapable ? Why should we « swallow » the world's representations promoted universally by science and technology ? Why should science -and western rationality -be at the core of our humanity ? These issues were essential not only to Feyerabend but also to Plato. Can epistemology provide a possible answer to ethical problems ? <div>Résumé<p>Pourquoi la science ? Ce problème revient souvent sous la plume de Feyerabend. Pourquoi croyons-nous que la science -et l'image qu'elle suscite dans notre esprit et notre culture -est-elle aussi inévitable ? Pourquoi nous sentons-nous obligés d'avaler les représentations du monde que les sciences promeuvent en prétendant être universelles. Pourquoi la science -et la rationalité propre à l'Occident-sont-elles au coeur de notre humanité ? Feyerabend s'est longtemps penché sur ce problème à l'instar de l'un de ses auteurs favoris, Platon. L'épistémologie peut-elle fournir une réponse au problème de la justice ?</p></div> ...more

[hal-05612177] « La science en tant qu’art » : un essai non transformé de Feyerabend

Dans son ouvrage "La science en tant qu'art" (version originale : "Wissenschaft als Kunst", 1984), Feyerabend définit ainsi les thèses qu'il entend développer : « Les sciences ne constituent pas l'unité conceptuelle communément admise qui leur vaut de jouir d'une immense autorité au sein de l'État ; et les pratiques qui composent le champ scientifique ne diffèrent pas autant des autres activités humaines que ne le laisse supposer la distinction fondamentale faite généralement entre l'art et la science. ». Malheureusement, sa démonstration est loin d'être convaincante. Il s'appuie sur la démarche de la critique d'art (Riegl, Gombrich), mais avec une vision de l'art bien trop restrictive, réduite à l'Antiquité et à la Renaissance, et ne traite la science que de façon trop générale, historiquement très limitée et négligeant les conditions socioéconomiques et politiques qui la contraignent. Finalement, quel que soit l'intérêt de ses intentions, Feyerabend, par-delà sa posture provocatrice, ne réussit pas à transformer son essai.</p></div> ...more

[hal-04752627] Quand Albert rencontre Marguerite…

Qu’ont à voir ensemble la science et la littérature ? Tout et rien à la fois. Rien, car ce sont a priori deux domaines opposés ; tout, car il existe des interactions que seule ma double expérience de médecin et d’autrice peut mettre en lumière. En effet, quand on lit, on se rend compte que la médecine est devenue un thème littéraire, et quand on écrit, tout une palette d’hormones se mettent en mouvement. L’idée de cet article est de montrer le sens que l’auteure donne à la médecine d’aujourd’hui, et de mettre en mots par des écrits inédits les processus hormonaux à l’œuvre. ...more

[hal-04754187] Lumière et obscurité : de Sénèque à l'astronomie moderne

L’astronomie et la cosmologie ont ceci de particulier que c’est presque exclusivement grâce à la lumière qui nous en parvient que nous pouvons sonder les confins de l’Univers. En outre, il est impossible de mettre en place un dispositif expérimental pour tester les modèles que nous développons, dans la mesure où il n’y a qu’un seul Univers et que nous sommes dedans. Toutefois, c’est peut-être précisément pour cette raison que les Anciens s’interrogeaient déjà scientifiquement sur la nature des objets célestes et l’organisation du Cosmos, au-delà̀ de la perception immédiate et de l’impérieuse admiration pour le ciel étoilé au-dessus de nous. Ainsi, Sénèque, philosophe stoïcien, décrit avec sa langue imagée d’homme de lettres les phénomènes célestes, et cherche non seulement à établir des prédictions à partir de ce qu’il voit dans le ciel, mais aussi à interpréter ses observations pour les inclure dans des modèles, comme le modèle géocentrique, ou encore le modèle stoïcien d’explication du monde, où les préoccupations éthiques se mêlent aux questionnements scientifiques. De cette manière, chaque modèle attribue un statut ontologique à ses constituants, d’une manière qu’on pourrait qualifier de « démiurgique », pouvant en retour affecter nos propres perceptions. En confrontant les conceptions des Anciens aux nôtres, tant sur la question de la lumière que sur celle de notre modèle cosmologique et de son « secteur sombre », les auteurs mettent en perspective nos pratiques actuelles, ce qui nous rappellera à une certaine humilité́ vis-à-vis de ce qui échappe encore à notre compréhension du monde. ...more

[hal-04765646] Médecine toihirienne : la science dans Le Kafir du Karthala (1992)

La science demeure globalement absente de la littérature comorienne d’expression française. En quarante ans d’existence, cette littérature foisonnante compte un seul auteur qui s’y intéresse, Mohamed Toihiri. Dans son deuxième roman, Le Kafir du Karthala (1992), l’auteur problématise un domaine particulier de la science, la médecine, et en fait sa trame de fond. En mettant en scène un héros auquel il attribue le rôle de soignant, Mohamed Toihiri illustre l’entrée de la médecine et sa rencontre avec le texte littéraire permettant ainsi, à travers d’une réflexion sur les maladies tropicales, de nouer des rapports au monde décolonisé. ...more

[hal-04738346] Les mouvements oculaires comme indice du traitement langagier

Les mouvements oculaires sont étroitement liés aux processus attentionnels et peuvent être utilisés comme indices en temps réel du traitement linguistique. Après une présentation des techniques d’oculométrie, l’article expose des études psycholinguistiques fondées d’une part sur l’enregistrement des mouvements oculaires pendant la lecture afin d ‘étudier la perception et la compréhension du langage écrit et d’autre part sur le traitement du langage oral avec l’enregistrement des mouvements oculaires pendant la présentation simultanée d’une scène visuelle et d’un énoncé oral. ...more

[hal-04752593] Les sciences soeurs ou comment les techniques des neurosciences aident les sciences du langage : exemple de cas d'étude

Dans une perspective de pluridisciplinarité́, cet article illustre comment les techniques empruntées aux neurosciences, notamment l’électroencéphalographie (EEG) d’un côté et l’fMRI (functional magnetic resonance imaging) de l’autre, contribuent à étudier en temps réel le traitement du langage. Pour le côté EEG, l’article illustre l’exemple du traitement neurocognitif de structures linguistiques complexes, qui comportent le subjonctif ; pour le côté fMRI, l’exemple d’études comportant des phrases contrefactuelles au subjonctif est considéré. Dans un premier temps, les auteurs introduisent les principaux marqueurs langagiers en neurophysiologie qui conduit à une modélisation neurocognitive du traitement du langage. Parmi eux, la N400, marqueur d’intégration lexico-sémantique, la LAN(détection) et la P600 (réanalyse voire réparation), complexe biphasique supposé signer le traitement morphosyntaxique. Fondés sur une étude EEG menée sur le traitement neurocognitif de phrases au subjonctif en français par des francophones et, par la suite, sur des études fMRI et EEG, l’article aborde le traitement des phrases contrefactuelles construites avec le subjonctif en allemand et en anglais respectivement par des germanophones et par des anglophones. Falsifiant de la sorte les théories de la linguistique et les modelés psycholinguistiques de traitement du langage, ce dialogue interdisciplinaire contribue pleinement à l’avancée des connaissances. ...more

[hal-04764107] La loi de Lavoisier au risque du roman policier — pour une lecture scientifique du Mystère de la chambre jaune

L’intrigue du Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux repose sur une apparente remise en question de la validité de la loi de Lavoisier énonçant que, lors d’une réaction chimique qui se déroule en milieu fermé, la masse des réactifs est toujours égale à la somme des masses des produits formés. Dans la chambre attenante au laboratoire du professeur Stangerson, Mathilde, sa fille, est victime d’un attentat qui la laisse à demi-morte. Lorsqu’on enfonce la porte fermée de l’intérieur, l’assassin s’est volatilisé. Les fenêtres, munies de barreaux, sont intactes ; les volets, toujours fermés. Nulle cheminée ni passage secret. L’assassin n’aurait pas dû pouvoir s’échapper et pourtant il n’est plus là. Serait-ce dès lors la preuve d’une possible dissociation de la matière, théorie censée « ébranler sur sa base toute la science officielle qui repose depuis si longtemps sur le principe : rien ne se perd, rien ne se crée » ? ...more

[hal-04752646] Que faire de l'expression « intelligence artificielle » ?

L’expression intelligence artificielle (IA) intrigue, embarrasse, interpelle et, dans une certaine mesure, fascine. Tout ceci serait sans importance si ce n’était qu’une question « de mots », mais selon toute vraisemblance, il y a là un enjeu majeur du XXIe siècle. Est-ce un abus de langage de parler d’intelligence alors qu’on aurait affaire à une pure question de « sciences dures » ? Est-on face à un domaine technique qui se transforme en « fait social total » ? Doit-on, comme beaucoup le suggèrent, « démystifier l’IA » et expliquer en quoi consistent ses algorithmes ? A contrario, peut-on y voir un programme au long terme, une idéologie, une métaphysique ? L’article proposed’analyser la langue de l’intelligence artificielle et de passer au crible les expression-clés telles que l’intelligence, la décision, l’apprentissage, le biais, le jeu, etc. Si, comme le dit G. Braque « le vocabulaire est le sûr témoin d’une époque », peut-être avons-nous là une piste pour nous orienter dans les espaces indéfinis ouverts par l’intelligence artificielle ? ...more

[hal-04754132] L’articulation difficile de deux démarches scientifiques pour étudier le web et les réseaux

L’article vise à attirer l’attention sur trois aspects problématiques du paysage intellectuel contemporain. Tout d’abord, il s’agit de démontrer que les études littéraires et les sciences humaines et sociales ont intégré largement des méthodes venant des sciences « dures ». Les « humanités numériques » en constituent une illustration, avec la prépondérance qu’elles accordent au quantitatif. Ensuite, l’accent est mis sur les approches : le discours des sciences humaines et sociales peut-il se distinguer de la littérature comme des sciences « dures » ? Autrement dit, ne doit-on pas admettre la légitimité d’un discours ne relevant ni du récit, ni du modèle ? Finalement, l’auteur souligne autant l’intérêt de l’étude statistique des réseaux de l’internet que le caractère tout à fait discutable des tentatives d’établissement d’une « physique sociale » issue du recueil et du traitement de données massives sur les comportements humains. ...more

[hal-04754104] Essai sur le patrimoine des sciences

L’auteur invite à explorer le patrimoine des sciences à travers ses sept dimensions. La première campe la science comme décrypteur, révélateur et constructeur de patrimoine. Il en va ainsi des lieux même du terrain, de la rencontre d’un biotope ou d’un géotope. Mais pour se construire les sciences ont accumulé des collections d’objets, extraits de la nature à l’état brut (une plante d’herbier, un minéral remarquable ou encore les banques du vivant…) ou modifié voire reproduit, « incréments » élémentaires de patrimoine (un animal naturalisé, les méduses en verre des Blaschka…). Par ailleurs, les acteurs des sciences se servent d’instruments pour la recherche (dont l’obsolescence est source de sacralisation, tels ceux présentés au musée d’instrumentation optique de Biesheim). Celle-ci s’effectue dans des locaux dévolus à la pratique de la science et de sa communication (une université, un observatoire, ou encore la maison de Goethe à Weimar). Poursuivant cette déclinaison, l’auteur en arrive aux archives des sciences, produites par les chercheurs eux-mêmes, leurs correspondants, leurs organismes de tutelle, et qui conduisent à la mémoire de savants. Si les acquis de la science dans toute sa dimension sont perçus en termes de patrimoine de l’humanité, il s’agit en fait d’un patrimoine d’une nature très particulière puisqu’il se renouvelle perpétuellement sur lui-même : un patrimoine malléable, en génération permanente. ...more

[hal-04754218] Troubles spécifiques du langage ou le bilinguisme ? Les difficultés du diagnostic orthophonique des enfants bilingues

L’article illustre la façon dont la recherche en sciences du langage portant sur le bilinguisme peut contribuer à améliorer les outils de diagnostic en orthophonie. Bien que de plus en plus d’études mettent en avant les avantages du bilinguisme, ce dernier continue à susciter de nombreuses interrogations et à être considéré comme source de troubles du langage à différents niveau d’acquisition. En décrivant la méthode innovante « FranPole », fondée sur des études traitant de l’évaluation du langage en contexte bilingue et des troubles spécifique du langage, l’objectif de l’article est de fournir quelques éléments de réponse aux patients bilingues, leurs parents et leurs enseignants face à leurs inquiétudes. ...more

[hal-04765839] Science et conscience lacunaires chez Samuel Beckett

Les sciences influent grandement sur l’œuvre de Samuel Beckett. En plus de la physique, on inclura parmi les plus manifestes la mathématique, dont le formalisme a pu attirer l’auteur, ou encore la biologie. La notion de déhiscence, clé de l’esthétique beckettienne, est elle-même issue de la botanique et de l’entomologie. Handicapés, parfois démembrés, systématiquement déshumanisés, les personnages beckettiens sont comparables à des insectes : ils sont soumis à un œil autoritaire, qui par ses méthodes peut se rapporter à une observation expérimentale – mais aussi éprouvante et fondamentalement lacunaire. ...more

[hal-04765773] Proust et Einstein

Proust suit le développement de la théorie de la relativité, restreinte puis générale, d’Einstein en même temps que s’accroît son œuvre. Vers la fin de sa création, il est intéressé de voir comparer les deux conceptions du temps, quoique souffrant de ne pouvoir comprendre les démonstrations mathématiques du physicien. L’article tente de cerner ce qui, dans la conception de l’espace-temps chez le romancier, explique cette analogie remarquée par les contemporains pour illustrer qu’à travers la construction et l’évolution des personnages, le rapprochement mène plus profondément dans les structures du cycle romanesque. ...more

[hal-04764084] « J’aurai tracé sur elle le serment de vous aimer toujours » : ambivalence et multistabilité sémantiques dans Les Liaisons dangereuses

En analysant les agencements discursifs multistables dans le roman de Pierre-Ambroise Choderlos de Laclos Les Liaisons dangereuses (1782), l’article mène une réflexion approfondie sur les convergences possibles entre psychologie de la forme, linguistique textuelle, linguistique énonciative et stylistique. La multistabilité peut être sommairement définie comme la perception simultanée de plusieurs phénomènes différents à partir d’un seul et unique stimulus : ce dernier se présente à ce titre comme un « objet ambigu », dont les propriétés dépendent constitutivement du point de vue observationnel que l’on projette sur lui. L’exemple canonique de perception multistable est fourni par le célèbre « canard-lapin » apparu pour la première fois en octobre 1892 dans les colonnes du quotidien satirique munichois Flegende Blätter. Le concept de multistabilité donne lieu par définition à des translations interdisciplinaires de toutes sortes entre sciences humaines et sciences de la nature. Étant donné le peu d’études consacrées à la multistabilité sémantique dans les textes littéraires, l’article vise à combler cette lacune. ...more