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Derniers articles
[hal-05652550] Pourquoi préférer la science au vaudou ?
<div><p>Il s'agit dans cet article de revenir sur la question provocante de Paul Feyerabend, lorsqu'il demande pourquoi nous choisissons de financer la science plutôt que le vaudou. Avant tout, Feyerabend nous rappelle que la science est une activité collective, consommatrice des deniers publics et qu'à ce titre, le peuple, le gouvernement ou la société ont donc leur mot à dire s'agissant de l'orientation de la recherche. Il invite donc la puissance publique à se poser toujours la question du type de savoirs qu'elle souhaite promouvoir et encourager. Ce qui frappe au premier chef dans la question de Feyerabend, c'est la manière dont il refuse à la science tout privilège épistémique et invite à la juger sur ses résultats, dans une veine pragmatiste. En un sens, l'équivalence proclamée entre la science et le vaudou ressortit du principe selon lequel « tout est bon (anything goes). Mais on peut également la replacer dans un cadre plus large, considérant que d'autres modes de savoirs que la science occidentale sont tout aussi valides que la rationalité scientifique. Ce point consonne avec la manière dont plusieurs anthropologues (Claude Lévi-Strauss notamment) analysent, à la même époque, les pratiques magiques : la magie n'est pas considérée comme le contraire de la science, mais comme une doctrine de la causalité ; la magie en outre est ce qui préforme la science, non pas comme un passé archaïque dépassé mais comme ce qui a produit des résultats qui structurent encore la société actuelle (comme la révolution néolithique). Une comparaison avec la sociologie des sciences de Robert Merton indique que les déclarations provocantes de Feyerabend doivent être considérées moins comme une manière d'affaiblir la science, que comme un appel, lancé aux scientifiques, à ne pas s'enfermer dans la certitude de leur supériorité.</p></div> ...more
[hal-05652612] Feyerabend était-il pragmatiste ?
<div><p>Cet article examine la relation complexe entre Paul Feyerabend et la tradition pragmatiste. Bien que Feyerabend ait explicitement rejeté cette étiquette et se soit peu référé aux auteurs classiques comme James ou Dewey, je souligne des convergences théoriques majeures, notamment sur l'antifondationnalisme et le pluralisme. J'explore également l'influence de Wittgenstein sur la genèse de l'incommensurabilité et sur une vision de la science comme pratique et tradition. Ce cadre permet de comprendre pourquoi des pragmatistes contemporains, tels que Philip Kitcher ou Miriam Solomon, mobilisent aujourd'hui les thèses de Feyerabend pour défendre une épistémologie plus démocratique et ouverte à la diversité.</p></div> ...more
[hal-05650827] Feyerabend entre Popper et Wittgenstein
<div><p>Feyerabend est traditionnellement considéré comme étant à la base un poppérien. Lui-même cependant nie dans ses derniers écrits l'avoir jamais été réellement, et considère que le philosophe qui l'a le plus influencé est Wittgenstein. Il peut y avoir là une part de provocation à l'égard des poppériens : l'hostilité que Popper éprouvait à l'égard de Wittgenstein est manifeste. On s'efforcera donc, à partir des textes de Feyerabend, de déterminer l'importance respective dans son oeuvre de l'influence de Popper et de celle de Wittgenstein, et de voir les rapports que ces influences entretiennent entre elles.</p></div> ...more
[hal-05652567] L'impasse Feyerabend ? Sur quelques critiques politiques et épistémologiques
Cet article étudie les réceptions critiques d'Against Method, le maître ouvrage de Paul Feyerabend. Il historicise et contextualise les lectures qui ont été faites de l'« anarchisme épistémologique » dont se revendiquait Feyerabend. Nous montrons que, étonnement, les premières critiques formulées à la sortie du livre ne se centraient pas sur la question anarchiste mais, plutôt, sur les raisonnements proposés, qui se trouvaient mis en discussion. Les commentaires ultérieurs de l'ouvrage, s'ils abordent davantage les dimensions politiques de l'anarchisme avancé par Feyerabend, le font néanmoins avec une certaine prudence, conduisant à éclipser le principe d'une perspective anarchiste en science par le refus de mobiliser les principes de rationalité ou d'objectivité. Assez paradoxalement, la démarche de Feyerabend se voit ainsi campée en opposition au point de vue anarchiste « classique » dans lequel le scepticisme à l'égard des autorités n'implique pas le rejet de la science. Nous rendons finalement compte de lectures plus récentes, ayant apporté des corrections à cet égard, offrant une « revitalisation » de la pensée de Feyerabend en contrepoint aux « patrimonialisation » dont elle faisait jusqu'alors l'objet. ...more
[hal-05612177] « La science en tant qu’art » : un essai non transformé de Feyerabend
Dans son ouvrage "La science en tant qu'art" (version originale : "Wissenschaft als Kunst", 1984), Feyerabend définit ainsi les thèses qu'il entend développer : « Les sciences ne constituent pas l'unité conceptuelle communément admise qui leur vaut de jouir d'une immense autorité au sein de l'État ; et les pratiques qui composent le champ scientifique ne diffèrent pas autant des autres activités humaines que ne le laisse supposer la distinction fondamentale faite généralement entre l'art et la science. ». Malheureusement, sa démonstration est loin d'être convaincante. Il s'appuie sur la démarche de la critique d'art (Riegl, Gombrich), mais avec une vision de l'art bien trop restrictive, réduite à l'Antiquité et à la Renaissance, et ne traite la science que de façon trop générale, historiquement très limitée et négligeant les conditions socioéconomiques et politiques qui la contraignent. Finalement, quel que soit l'intérêt de ses intentions, Feyerabend, par-delà sa posture provocatrice, ne réussit pas à transformer son essai. ...more
[hal-05612312] Pourquoi la science ? De Feyerabend à Platon
Pourquoi la science ? Ce problème revient souvent sous la plume de Feyerabend. Pourquoi croyons-nous que la science — et l’image qu’elle suscite dans notre esprit et notre culture — est-elle aussi inévitable ? Pourquoi nous sentons-nous obligés d’avaler les représentations du monde que les sciences promeuvent en prétendant être universelles. Pourquoi la science —et la rationalité propre à l’Occident— sont-elles au coeur de notre humanité ? Feyerabend s’est longtemps penché sur ce problème à l’instar de l’un de ses auteurs favoris, Platon. L’épistémologie peut-elle fournir une réponse au problème de la justice ? ...more
[hal-05652595] Feyerabend classique : Ambivalences de l’empirisme de la Révolution scientifique
<div><p>L'article analyse la critique de l'empirisme de la Révolution scientifique proposée par Paul Feyerabend. Selon Feyerabend, l'empirisme classique -illustré par Isaac Newton -combine une pratique expérimentale innovante avec une idéologie dogmatique fondée sur une confiance quasi absolue dans l'expérience. Les expériences servent souvent à confirmer des théories déjà admises, créant une relation circulaire entre observation et théorie. Des critiques, comme Bas van Fraassen, soulignent que l'expérience doit être comprise dans un contexte social et scientifique plus large. Les recherches récentes, notamment celles de Lorraine Daston, réhabilitent l'empirisme en montrant qu'il repose sur une diversité de pratiques (observation, témoignage, histoire naturelle). L'article conclut que l'empirisme moderne est une épistémologie pragmatique et ambivalente, à la fois fragile dans ses fondements et efficace dans la production de savoirs.</p></div> ...more
[hal-05652582] Feyerabend's and Latour's Anarchistic Philosophy as an antimodern Antitoxin
The essay sheds light on the parallels between Feyerabend's and Latour's agnostic, anarchistic and antimodern philosophies. To do so, I will first address their criticism of modernity. Then I will elaborate on their analysis and criticism of Plato's Allegory of the Cave which for them serves as the founding document of the philosophy of modernity. Finally, I will show the principal similarities between Feyerabend’s and Latour’s understanding of philosophy. ...more
[hal-05650817] Paul K. Feyerabend et les vertus du pluralisme
<div><p>Feyerabend a toujours mis en avant le pluralisme, quel que soit le sujet dont il traite. Ce pluralisme, qui est d'abord non pas une doctrine mais un fait, a;estable dans la nature, la vie, la science, la culture, … se présente pourtant ordinairement comme une menace, souvent dramatisée par la critique. Qui en a donc peur ? La réponse à ce;e question introduit à l'étude de sa véritable nature, de ses figures (méthodologique, politique, métaphysique), de son installation dans la production du dadaïste, et à l'évocation d'autres de ses grands adeptes. Pourquoi, malgré les possibles exploitations malheureuses dans la forme que la doctrine prend chez cet anarchiste, demeurer pluraliste ? C'est la question de ses vertus, à laquelle on répond en examinant les conséquences de son adoption et donc sa parenté avec l'humanisme, le réalisme et l'éthique. Contre les tentatives d'unification excessive de la science, le réductionnisme, le scientisme, le pluralisme rappelle la réalité d'un monde fondamentalement multiple, riche et complexe, objet d'émerveillement et de questionnement permanent, qui accouche d'une conception de la connaissance humaine apparaissant comme essentiellement conjecturale et toujours révisable.</p></div> ...more
[hal-04764129] Le paradigme de la science dans les romans de Claude Simon
Interrogé lors de sa participation à la conférence des prix Nobel qui s’est tenue à Paris en 1988, Claude Simon insiste sur l’absence de sujétion à une idéologie extérieure que représente à ses yeux la qualité majeure des démarches scientifiques. Si la science, entendue ici en tant qu’entreprise autonome et unifiée, est apte à débouter l’emprise des systèmes de valeur préétablis, est-ce suffisant pour en apprécier la prégnance dans les romans de Claude Simon ? L’étude proposée cherche à apprécier comment le paradigme scientifique entre en coalescence avec l’écriture voire « l’aventure du roman et catalyse ainsi l’écriture romanesque ». À cette fin, elle examine situations et agencements romanesques qui intriquent subtilement dans La Bataille de Pharsale et dans Triptyque des saynètes géométriques et algébriques et des configurations optiques. Elle établit comment le romancier aborde la mathématique non pas pour la rabattre en des considérations et des valeurs qui seraient celles du savoir constitué des sciences exactes mais comme un propos, en cours d’élaboration, qui cherche à résoudre un problème dont la solution n’est pas connue d’avance. Dès lors, face à « l’inépuisable chaos du monde », la science mathématique devient boussole du romancier, propre à orienter l’écriture et à créer les conditions de possibilité autant d’un Nouveau roman que d’une nouvelle alliance de la science et des lettres, des mots et du monde, où sont mises en valeur des activités intellectuelles distinctes sans pour autant estomper leurs différences respectives. ...more
Les textes ici réunis s’ingénient à rendre lumineuse la problématique de la césure supposée entre le domaine des sciences et le champ des humanités, tout en ouvrant à une future et potentielle suite. L’ouvrage est tripartite et suit une certaine logique qui partirait d’une interrogation générale sur le sens à donner aux descriptions des sciences par les mots et de la force de ces mêmes mots — des Belles-Lettres disait-on à la Renaissance —pour parler des sciences dans leur diversité. La première partie interroge dès lors ce sens des mots nécessaire pour coucher sur le papier les sciences : « faire sens, faire science ». La deuxième séquence du volume montre les ponts que l’on peut bâtir entre les sciences et l’histoire. La dernière partie rapproche les lettres et les sciences : des romans policiers italiens et français à la littérature comorienne, en passant par les lettres du XVIIe siècle. ...more
[hal-04765646] Médecine toihirienne : la science dans Le Kafir du Karthala (1992)
La science demeure globalement absente de la littérature comorienne d’expression française. En quarante ans d’existence, cette littérature foisonnante compte un seul auteur qui s’y intéresse, Mohamed Toihiri. Dans son deuxième roman, Le Kafir du Karthala (1992), l’auteur problématise un domaine particulier de la science, la médecine, et en fait sa trame de fond. En mettant en scène un héros auquel il attribue le rôle de soignant, Mohamed Toihiri illustre l’entrée de la médecine et sa rencontre avec le texte littéraire permettant ainsi, à travers d’une réflexion sur les maladies tropicales, de nouer des rapports au monde décolonisé. ...more
[hal-04738346] Les mouvements oculaires comme indice du traitement langagier
Les mouvements oculaires sont étroitement liés aux processus attentionnels et peuvent être utilisés comme indices en temps réel du traitement linguistique. Après une présentation des techniques d’oculométrie, l’article expose des études psycholinguistiques fondées d’une part sur l’enregistrement des mouvements oculaires pendant la lecture afin d ‘étudier la perception et la compréhension du langage écrit et d’autre part sur le traitement du langage oral avec l’enregistrement des mouvements oculaires pendant la présentation simultanée d’une scène visuelle et d’un énoncé oral. ...more
[hal-04752627] Quand Albert rencontre Marguerite…
Qu’ont à voir ensemble la science et la littérature ? Tout et rien à la fois. Rien, car ce sont a priori deux domaines opposés ; tout, car il existe des interactions que seule ma double expérience de médecin et d’autrice peut mettre en lumière. En effet, quand on lit, on se rend compte que la médecine est devenue un thème littéraire, et quand on écrit, tout une palette d’hormones se mettent en mouvement. L’idée de cet article est de montrer le sens que l’auteure donne à la médecine d’aujourd’hui, et de mettre en mots par des écrits inédits les processus hormonaux à l’œuvre. ...more
[hal-04754187] Lumière et obscurité : de Sénèque à l'astronomie moderne
L’astronomie et la cosmologie ont ceci de particulier que c’est presque exclusivement grâce à la lumière qui nous en parvient que nous pouvons sonder les confins de l’Univers. En outre, il est impossible de mettre en place un dispositif expérimental pour tester les modèles que nous développons, dans la mesure où il n’y a qu’un seul Univers et que nous sommes dedans. Toutefois, c’est peut-être précisément pour cette raison que les Anciens s’interrogeaient déjà scientifiquement sur la nature des objets célestes et l’organisation du Cosmos, au-delà̀ de la perception immédiate et de l’impérieuse admiration pour le ciel étoilé au-dessus de nous. Ainsi, Sénèque, philosophe stoïcien, décrit avec sa langue imagée d’homme de lettres les phénomènes célestes, et cherche non seulement à établir des prédictions à partir de ce qu’il voit dans le ciel, mais aussi à interpréter ses observations pour les inclure dans des modèles, comme le modèle géocentrique, ou encore le modèle stoïcien d’explication du monde, où les préoccupations éthiques se mêlent aux questionnements scientifiques. De cette manière, chaque modèle attribue un statut ontologique à ses constituants, d’une manière qu’on pourrait qualifier de « démiurgique », pouvant en retour affecter nos propres perceptions. En confrontant les conceptions des Anciens aux nôtres, tant sur la question de la lumière que sur celle de notre modèle cosmologique et de son « secteur sombre », les auteurs mettent en perspective nos pratiques actuelles, ce qui nous rappellera à une certaine humilité́ vis-à-vis de ce qui échappe encore à notre compréhension du monde. ...more