« Those parts that do fructify in us » (4.2.26-27) : Figures de la conception dans Love's Labour's Lost

Muriel Cunin

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Abstract :
International audience
The analogy between physiological and mental conception was a commonplace in the early modern period which led to various questionings about the nature of creation, the link between nature and art, and the passage from invention (mental begetting) to actual creation. In Love’s Labour’s Lost, the motif of conception is omnipresent, albeit in a discreet manner, and encapsulates several essential themes of the play – such as language and rhetoric, desire, wit, body and mind – while emphasizing the peculiar nature of that comedy that “doth not end like an old play” (5.2.842) because the tension between project and achievement remains unresolved to the end.
Le titre de la pièce l'annonce d'emblée, il y sera question d'amour (« love ») mais aussi d'inachèvement (« lost »), deux thèmes liés par le motif de la conception (« labours », terme polysémique dont on ne peut manquer les connotations obstétriques). La finalité d'une comédie amoureuse est, a priori, le mariage et donc l'enfantement, mais Love's Labour's Lost ne se termine pas comme une comédie habituelle : les paroles désabusées de Berowne, « our wooing doth not end like an old play : / Jack hath not Jill » (5.2.842-843) mettent fin à l'optimisme d'Armado, persuadé que « the catastrophe [shall be] a nuptial » (4.1.70-71). Ainsi la traditionnelle catastrophe comique est-elle clairement remise en cause, brièvement, au début, par la volonté masculine d'empêcher toute femme de s'approcher de la cour de Navarre, et pour une durée indéterminée, à la fin, par la mise à l'épreuve imposée à leurs galants par les cinq personnages féminins 1. La pièce apparaît donc comme circulaire, la fin faisant écho au début en inversant les rôles mais en conservant le schéma initial de la séparation hommes/femmes. Entre ces deux points, l'action est une suite de tensions-entre le masculin et le féminin, entre un but à atteindre et un achèvement toujours repoussé, entre nature et artifice-qui s'expriment toutes à travers les deux sens, physiologique et mental, de la notion de conception. Shakespeare joue volontiers sur cette polysémie, par exemple dans ce passage de King Lear : KENT I cannot conceive you. GLOUCESTER Sir, this young fellow's mother could, whereupon she grew round-wombed and had indeed, sir, a
Published : 2015
Document Type : Journal articles
Affiliation : Espaces Humains et Interactions Culturelles (EHIC) ; Université Blaise Pascal - Clermont-Ferrand 2 (UBP)-Institut Sciences de l'Homme et de la Société (IR SHS UNILIM) ; Université de Limoges (UNILIM)-Université de Limoges (UNILIM)-Université Clermont Auvergne [2017-2020] (UCA [2017-2020])-Université Clermont Auvergne (UCA)

Citation

Muriel Cunin, « « Those parts that do fructify in us » (4.2.26-27) : Figures de la conception dans Love's Labour's Lost », Cycnos, 2015. URL : https://hal-unilim.archives-ouvertes.fr/hal-02425424