Jean-Luc Gautero

L'Utopie sans peine

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Résumé :
International audience
Certaines utopies sont dépourvues de peines, ou du moins de système pénal tel que nous le connaissons : « plus d’avocats, plus d’avoués, plus de notaires, plus d’agents de change, plus de courtiers dans Icarie… ! Plus d’huissiers, ni de recors, ni de gendarmes, ni de sergents de ville, ni de mouchards, ni de geôliers, ni de bourreaux ! Plus de juges grands et petits, rouges et noirs ». Peut-on y trouver une caractéristique partagée qui les différencie des autres utopies, celles où le bonheur commun est assuré par une répression implacable à l’égard des perturbateurs ? (« Tant que certaines espèces de gens sont laissées libres, il n’existe pas, en public, de liberté sociale » : Wells, Une utopie moderne.) Il ne s’agit pas, en tout cas, d’écarter la possibilité d’actions qui viennent troubler l’harmonie sociale : « Il se peut qu’un homme en frappe un autre, que celui-ci riposte et que, le pire arrivant, un homicide en résulte » (William Morris, Nouvelles de Nulle Part). Quelle attitude ces utopies adoptent-elles alors par rapport à de telles actions, qu’est-ce qui s’y substitue à notre système pénal ? Ne risque-t-on pas, derrière un masque de bienveillance, d’avoir à faire à une répression encore plus sévère ? « Nulle part la police n’est aussi nombreuse [qu’en Icarie] ; car tous nos fonctionnaires publics, et même tous nos citoyens, sont obligés de surveiller l’exécution des lois, et de poursuivre ou de dénoncer les délits dont ils sont témoins ».
Type de document : Conference papers

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Jean-Luc Gautero, " L'Utopie sans peine", paru dans "Peine et utopie", Actes du Colloque de Nice. Représentations de la sanction dans les oeuvres utopiques. , URL : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01959959